Retour sur la réunion du 4 juin 2019 et la création du Comité Français de MMA

Le gouvernement français a récemment annoncé sa volonté d’encadrer le MMA afin de l’intégrer dans l’écosystème sportif français. Un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) sera lancé par le Ministère des Sports le 24 juin prochain, permettant aux Fédérations qui le souhaitent de se porter candidates pour accueillir le MMA. 

Un ensemble d’acteurs représentant différents courants du MMA français se sont réunis pour la troisième fois mardi 4 juin afin de poser les bases d’une vision commune de l’avenir du MMA en France, dont Fernand Lopez, Bertrand Amoussou, Stéphane Chaufourier et Cyril Diabaté.

Cette réunion a permis de rassembler ces mouvements en créant une nouvelle entité et d’aborder notamment les enjeux suivants :

  • Création du Comité Français de MMA et élection de deux co-présidents intérimaires, Bertrand Amoussou et Stéphane Chaufourier ainsi que des membres du board ;
  • Modalités du lancement de l’AMI par le Ministère des Sports ;
  • Constitution de Commissions thématiques et groupes de travail pour structurer une approche commune ;
  • Planification d’actions de communication conjointes. 

En attendant le lancement de l’AMI, le Comité Français de MMA se réunira régulièrement pour suivre l’évolution du dossier dans une volonté de concertation vis à vis du Ministère des Sports. 

Les enjeux de l’AMI – Entretien croisé Bertrand Amoussou / Stéphane Chaufourier « Atch », Co-présidents du Comité Français de MMA. 

Après plusieurs années de débat, le gouvernement légalise enfin le MMA. Pourquoi cette décision intervient-elle aujourd’hui ? 

Bertrand Amoussou : C’est avant tout le fruit de plusieurs années de conviction, parfois contre vents et marées, auprès des pouvoirs publics et de l’écosystème sportif français. Grâce à un travail de pédagogie mené par de nombreux acteurs du MMA et relayé de façon très professionnelle par les médias qui ont joué un rôle crucial dans le changement des mentalités, cette jeune discipline a progressivement émergé comme un sport à part entière, à l’encontre des idées reçues. Nous récoltons aujourd’hui le fruit de ces années d’investissement.

Stéphane Chaufourier « Atch » : L’effort de pédagogie a été essentiel, c’est indéniable. Les acteurs publics ont progressivement intégré le fait que le MMA est une discipline comme les autres, reposant sur des valeurs, des process, une structuration et surtout un ensemble de trajectoires et d’histoires individuelles. La nouvelle génération d’élus, peut-être plus sensible à cet engouement, a su se mettre à l’écoute du terrain et prendre les décisions qui s’imposaient.

Quels sont les conditions de réussite de l’AMI pour vous ? 

S. C. : Depuis plus de 10 ans, de nombreux acteurs travaillent chacun de leur côté pour structurer et faire reconnaître le MMA en France. Ces derniers sont enfin réunis au sein du Comité Français de MMA pour faire avancer le sujet et mettre en commun les compétences de chacun. Nous avons notamment initié un travail de fond, autour de 14 Commissions thématiques pilotées chacune par un groupe d’experts, afin d’apporter notre pierre à l’édifice. La clé du succès résidera dans la qualité des travaux et la valeur apportée par les compétences que nous mettrons à disposition de la future entité en charge de structurer le MMA français.

B. A. : Le travail de structuration va être déterminant. Cependant, après toutes ces années de militantisme et si proches du but, nous serons particulièrement vigilants sur le respect de l’intégrité de notre sport. Le MMA repose sur des règles cohérentes et spécifiques ainsi que sur un système de progression harmonisé au niveau mondial suite à un travail remarquable de structuration. Il n’est pas question que le MMA débarque en France sous une forme dégradée. Ou bien autant ne pas appeler cela MMA et repartir à zéro !

Et demain ? Quels sont les défis du MMA en France pour l’avenir ?

B. A. : Dans un premier temps, la priorité va être la structuration : s’organiser en tant que fédération, identifier tous les acteurs sur le territoire national, mettre en place les formations appropriées, certifier les coachs, prendre en compte l’ensemble des publics. Dans un second temps, nous pourrons avancer sur les aspects de compétition.

S. C. : La structuration du MMA éducatif, sur la base de ce qui a déjà été réalisé malgré le manque de moyens et de reconnaissance jusqu’ici, reste la priorité absolue. Lorsque ce chantier aura porté ses premiers fruits, nous pourrons avancer sur le plan professionnel de façon sereine et efficace.

Nous continuerons à vous tenir informés au cours des prochaines semaines. Pour toute question relative au Comité Français de MMA, n’hésitez pas à nous contacter.